Vous trouverez ci-dessous un compte-rendu:
Rappel de quelques dates
Le 20 novembre 1989, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopte la Convention relative aux Droits de l’Enfant et l’ouvre à la signature, à la ratification et à l’adhésion des États, dont la France, le 07 août 1990.
Cette convention énonce les droits fondamentaux des enfants et les obligations des états pour les appliquer, et pose le principe de l'intérêt supérieur de l'enfant.
En 2003, la ville de Nantes a signé la charte Ville amie des enfants, s'engageant ainsi à promouvoir la convention internationale, et à veiller à la place de l'enfant dans la ville.
http://www.nantes.fr/Sgid/DataSgid/themes/conmun/cm07122012/cm07122012-17-charte.pdf (cliquer sur le lien)
Cette soirée d'ouverture a donné la parole à différents intervenants:
- Laurent OTT, formateur, chercheur en droit social et docteur en philosophie
- 2 représentants de l'école Ange Guépin, assurant sa direction en collégialité
- un représentant de Centre de Loisirs Sans Hébergement (CLSH)
- un père de famille
Cette table ronde avait pour objectif de traiter du sujet suivant: "la participation des enfants dans la Cité : de l'intention au projet"
- quels sont les enjeux éducatifs et citoyens?
- comment créer les conditions d'une véritable implication des enfants dans les différents espaces de vie?
Laurent OTT a souvent fait référence à un pédagogue polonais, qui considérait que les enfants n'avaient pas nécessairement besoin d'être d'accord avec l'adulte pour pouvoir participer, alors que chez nous on voudrait pouvoir suspendre cette participation si elle ne nous convient pas.
Pour Laurent OTT, cette question de la participation renvoie à différentes idées:
- elle pose le problème de la protection des enfants (sécurité personnelle, matérielle, affective, morale...).
- la participation des enfants appelle la créativité,
le travail des enfants: que peuvent-ils concrètement faire pour améliorer leur environnement, leur quartier, animer leur famille?
L'idée est que les enfants soient initiateurs et qu'ils invitent les acteurs à s'engager.
Il faut donc reconnaître ce que font les enfants, et porter un regard sur la valeur du travail produit: il n'y a pas de petit travail; tout travail est honorable dès lors qu'il contribue à améliorer les choses - les institutions ont beaucoup de peine à cerner les besoins, en raison d'un manque de participation: il y a un certain nombre de personnes engagées, mais l'institution l'ignore.
Pour lui, la question de la participation devrait donc peut être partir de la vie telle qu'elle est et non telle qu'elle est décrite dans la Convention Internationale.
Témoignages émanant de la direction collégiale de l'école Ange Guépin
Cette école n'ayant pas de périmètre scolaire, il y a une grande mixité sociale.
Ils considèrent que les enfants peuvent avoir leur mot à dire sur certains sujets: c'est ce qu'ils appellent le champ de ce qui est négociable, certaines choses ne l'étant pas comme les apprentissages fondamentaux.
L'institution à l'école c'est le conseil, et ils ont en ont mis plusieurs en place, notamment:
- un conseil d'enfants, constitués de délégués, faisant ensuite un compte-rendu à la classe
- un conseil périscolaire: les enfants peuvent donner leur avis, dire comment ils se sentent
Les enfants peuvent ainsi appréhender le champ de ce qui est possible, et de ce qui ne l'est pas comme, par exemple, un dépassement de budget pour une sortie.
Témoignage d'un représentant de Centre de Loisirs Sans Hébergement (CLSH)
Un conseil avait été mis en place dès 2011 sur la base du volontariat, mais il n'était pas assez moteur, car il n'y avait pas de travail sur la vie collective en centre de loisirs.
Puis les enfants ont décidé de faire le compte-rendu de ce qui s'était passé en conseil, et c'est devenu porteur de projets. L'enfant qui avait proposé une idée devait ensuite la présenter aux autres groupes; dès lors il y a eu un investissement des enfants et les animateurs suivaient les projets d'enfants en les dynamisant.
Il est rappelé les bases du conseil: délimitation de ce qui est négociable de ce qui ne l'est pas, et application des décisions prises; pour cette raison, le conseil doit être une institution et non seulement un groupe de réunion.
Témoignage d'un père de famille
Ce père,séparé, a institué un conseil en famille une fois par semaine, composé d'un animateur des débats et d'un secrétaire; chaque poste est attribué chaque semaine à une personne différente.
Le but de ce conseil est de donner la possibilité de s'exprimer dans le respect et l'écoute
Il a constaté que cela permettait un meilleur échange avec ses enfants.
Témoignage d'une représentante du café à l'Abord'âge
Cette association, composée essentiellement de parents, a pour objet l'épanouissement et le développement des enfants à travers la création d'un café pour toute la famille, qui soit un lieu de rencontres, d'expression et d'échange de savoir-faire, d'activités artistiques et culturelles.
Dans la mesure où il n'est pas nécessaire de s'inscrire pour s'y rendre, il n'est pas vraiment possible de parler de conseil, car le public change régulièrement.
Des ateliers sont dons mis en place, et l'idée est de construire du collectif à partir d'enfants ne fréquentant pas la même école, ni le même quartier.
Tous se fait sur la base d'une communication non violente.
Programme des rendez-vous des droits de l'enfant



